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Chapter 4:
Pat ferma la porte et décrocha le téléphone. Il avait fermé les yeux. Son sang battait si fort à ses tempes qu'il avait du mal à rester conscient. Quelque chose lui disait que cette chose: la plus extraordinaire qui peut arriver, allait advenir à nouveau. Et il ne voulait pas voir ça. Pas encore. Il était fatigué. Il garderait les yeux fermés et ça passerait.
Tout le monde le prenait pour un fou. "Cette créature n'existe pas! C'est ton imagination" criaient-ils tous avant de lui conseiller d'aller voir un médecin, compétent pour ce genre de troubles. Bel euphémisme... Ils le croyaient fou voilà tout. D'ailleurs, Pat ne pouvait pas leur en vouloir. Sans avoir vu, de leurs yeux vu, ça paraissait invraisemblable. Une créature verte et disproportionnée avec un sourire mauvais et sarcastique. Elle avait tellement déstabilisé le cartésien Pat qu'il avait développé une aversion terrible à la couleur verte.
Les yeux clos, Pat respirait à fond pour se calmer. Inspirer. Expirer. Chasser les inquiétudes. Inspirer. Respirer. La créature n'existe pas. Inspirer. Expirer. Rien ne va se passer. Inspirer. Expirer. C'était quoi ce bruit? Inspirer. Expirer. Des pas saccadés et rapides. Inspirer. Expirer. Un courant d'air sur la nuque. Inspirer. Expirer. Un grincement de porte. Inspirer. Expirer. Je suis seul. Inspirer. Expirer. Foutue Imagination. Inspirer. Expirer. Encore des pas, plus proches. Inspirer. Expirer. Effleurement. Inspirer. Expirer. Non! Il n'y a rien. Inspirer. Expirer.
-"Tu es sûr?" demanda une petite voix nasillarde.
Pat manqua une respiration et lâcha le combiné du téléphone qu'il serrait jusque là comme une bouée: ultime secours, dernier lien avec la réalité. Stupeur. Frayeur. INSPIRER! EXPIRER!
-"Oui , t'as raison: je ne suis pas là" continua la voix. Elle provenait quelques centimètres au dessus de la table.
-"Vraiment?"
-"Je sais pas. Est-ce que j'existe? Je pense donc je suis disait le philosophe... Est ce que je pense? Est-ce que je suis? Est-ce que je suis une petite créature verte qui te rend visite? Allons l'ami: aide moi!"
-"Oui... Non... Je ne sais pas... Je..."
Anéantissement total de l'esprit. Pat sentit alors une pression sur son bras. Puis une autre un peu plus loin. Ca remonte. Intermittente pression. Ce sont... ça ressemble à... des pieds... Non! Inspirer. Expirer. Inspirer. Expirer.
La pression arriva sur l'épaule. Et Pat entendit un murmure:
-"Sans rancune très cher! Garde bien les yeux fermés."
Puis un rire étouffé. Plus de pression sur l'épaule. Choc au sol. Pas qui s'éloigne. Grincement de porte. Courant d'air. Pas. Grand éclat de rire. Nouveau grincement. Pat entrouvrit alors les yeux.
-"BOUH!" dit la voix sur la table.
Pat sursauta... Sur la table du téléphone... Il y a... C'est incroyable.... Mais .... C'est impossible.... Il y a .... RIEN! Soupir de soulagement. Pat ferma la porte et décrocha le téléphone.